Non, cette vidéo partagée par un syndicat de policiers n’a pas été tournée pendant le confinement

world top buzz

worldtopbuzz.com

Question posée le 26/03/2020

Bonjour, 

Vous nous saisissez suite à la publication d’une vidéo, sur Twitter, par le syndicat du corps de commandement de la Police nationale, Synergie Officiers. Mercredi, ce dernier a partagé une courte séquence montrant un jeune homme sauter sur le capot d’une voiture de police, au bas d’un immeuble, tandis que ses amis rigolent. 

«Décidément le confinement ce n’est pas pour tout le monde… voilà où nous en sommes dans les territoires perdus de la République», précise le syndicat en légende, laissant entendre que les images ont été tournées très récemment et que le confinement n’est pas respecté dans les quartiers des banlieues, notamment. Ce tweet a été partagé plus de 2 000 fois. Dans les réponses, on retrouve par ailleurs un florilège de commentaires racistes. 

Or, cette séquence ne date pas de ces derniers jours. Outre un premier indice – les personnes sur la vidéo semblent porter des vêtements d’été – un rapide détour par une recherche inversée d’images permet de trouver des traces antérieures de cette vidéo.

On retrouve d’abord l’existence d’une vidéo YouTube relayant ces images. Elle cumule peu de vues, mais prouve l’antériorité des images : elle a en effet été mise en ligne le 4 novembre 2019. Puis, via le moteur de recherche Yandex, il est possible de remettre la main sur une capture d’écran correspondant à la vidéo en question.

Capture d'écran Yandex

Celle-ci renvoie vers une vidéo. Aujourd’hui désactivée, elle a été mise en ligne au mois d’août 2019. 

Dans un second tweet, ce jeudi, le syndicat a apporté une précision et reconnu que cette vidéo ne datait pas de ces dernières semaines : «Cette vidéo témoigne de l’ambiance dans certains quartiers à longueur d’année. C’est une illustration du quotidien. Même si cela doit déplaire. Elle est évidemment tournée en été et nous n’avons jamais dit qu’elle l’était durant la période de confinement.»

Anaïs CondominesSource : liberation