Coronavirus : les tests sanguins rapides en cinq questions

l’essentiel Une liste de 23 tests sanguins à la fiabilité garantie vient de sortir. Une première étape nécessaire avant l’arrivée massive sur le marché des Trod, Tests rapides d’orientation diagnostique, qui permettront de savoir si on a été atteint du Covid-19 en quelques minutes. Explications. 

  • Comment ça marche ?

Les Tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) s’effectuent sur une goutte de sang, obtenue par une piqûre au bout du doigt. La goutte est absorbée par capillarité sur une bandelette. Une réaction chimique permet ensuite d’obtenir le résultat, en quelques minutes, à l’œil nu.

Les Trod sont déjà utilisés pour le VIH, les angines à streptocoque, les hépatites B et C ou encore la syphilis. Il s’agit de tests unitaires, qui se distinguent des tests automatisables, nécessitant un plateau technique pour analyser les échantillons. Tous reposent en revanche sur le même principe : la recherche d’immunoglobulines, anticorps dirigés contre le virus dans le sang. 

  • Quel est leur intérêt ? 

Ces tests rapides permettent de déterminer en quelques minutes si la personne a été en contact ou non avec le Covid-19, sur une période récente. Cela peut donc éviter parfois un passage inutile chez son médecin. En cas de résultat positif, la rapidité d’exécution du test permettra aussi de remonter plus vite la chaîne de contamination.

« On n’est pas sûr, pour l’instant, d’être réellement immunisé après avoir contracté la maladie, tempère Philippe Vergnes, coprésident du Syndicat des pharmaciens de la Haute-Garonne. Mais si ces tests sont réalisés à grande échelle, ils aideront à déterminer le pourcentage de la population à avoir été en contact avec elle, et donc d’évaluer le taux d’immunité collective. » 

  • À qui ça s’adresse ?

Potentiellement à plusieurs millions de personnes : les personnes qui ont eu des symptômes mais qui n’ont pas réalisé de test virologique, celles pour lesquelles le résultat du test négatif est contradictoire avec le tableau clinique ; ou les personnels des lieux d’hébergement collectifs, qui ont été en contact avec des personnes atteintes. 

Les premières personnes concernées sont les personnels soignants. Le ministre de la Santé Olivier Véran a en effet annoncé qu’ils recevraient tous une prescription à partir de la semaine prochaine. 

  • Ou pourra-t-on les trouver ? 

Chez tous les professionnels de santé qui souhaitent les utiliser, lorsque le décret sera sorti. Les laboratoires de biologie médicale, les cabinets médicaux, les pharmacies et pourquoi pas, les infirmières et les aides-soignantes à domicile. La Haute autorité de santé recommande toutefois une utilisation plus restreinte que les tests de référence, « pour les personnels soignants et d’hébergement collectif et pour les patients symptomatiques sans signes de gravité, mais pas à l’hôpital ».

  • Seront-ils remboursés ?

C’est l’une des grandes incertitudes concernant ces tests, et elle est de taille, puisque c’est de son taux de remboursement par l’Assurance maladie que dépendra l’étendue de sa mise sur le marché. « S’il y a une prise en charge, cela signifiera que c’est considéré comme un intérêt de santé publique. Et ça risque d’être l’affluence dans les officines », souligne le pharmacien Philippe Vergnes. 

La Haute Autorité de Santé s’est quant à elle prononcée favorable au remboursement pour tous les personnels qui travaillent en lieu fermé comme les personnels d’Ehpad, les pompiers ou les gardiens de prisons. 


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