Café et restaurants : ils ouvrent, mais pas tous

1 juin 2020 0 Par ADMIN

l’essentiel Comme annoncé jeudi par le Premier ministre, les cafés et restaurants en “zone verte” peuvent rouvrir mardi 2 juin en respectant certaines normes d’hygiène. A Paris comme dans la région, les cuisiniers remettent le tablier et rallongent les terrasses, à de notables exceptions.

Dans son restaurant Ô Bali, proche des boulevards toulousains, Iwan mesure ses deux petites salles, prévoyant de passer de 45 couverts à 30 pour espacer les clients. Pas question pour ce cuisinier de manquer la réouverture du 2 juin promise jeudi dernier par le Premier ministre Edouard Philippe, après 11 semaines de confinement pour cause de coronavirus. “Je crois que les clients reviendront”, espère Iwan, qui attendait samedi la confirmation de pouvoir ouvrir sa terrasse sur le trottoir. Les terrasses, les Français en rêvent depuis des semaines, elles pourraient être prises d’assaut, pour le plaisir d’un repas servi ou d’un simple café lors d’une sortie shopping.

Point fort des annonces du déconfinement, l’ouverture des cafés et restaurants est néanmoins soumise à des règles de distanciation et d’hygiène (voir notre infographie ci-dessous). Car le virus n’a pas disparu. n

La fête des mères, au restaurant ou en vente à emporter ?

“Rouvrir tant que le virus circule, c’est trop dangereux, cela veut dire que nous pouvons être contaminants et nous-mêmes contaminés”, alerte Gilles Goujon, chef 3 étoiles du Vieux Puits, à Fontjoncouse. Saturé, le répondeur du restaurant n’indique pas de date de réouverture. Dans l’Aude également, le célèbre “Grands Buffets” ne rouvrira pas avant le 1er octobre… “Comment être sûrs que certains clients ne contamineront pas leurs voisins de table ou nos collaborateurs ?”, explique le fondateur Louis Privat sur son site.

Mais dans un secteur en danger qui compte plus de 110 000 restaurants, 40 000 structures hôtelières et autant de cafés, une majorité d’établissements de toutes tailles prépare l’ouverture… “J’ai envie de revoir la clientèle et de poursuivre le challenge, annonce Brigitte Masson, qui tient à Fumel, Lot-et-Garonne, et en solo à la cuisine et au service, une adresse rare et appréciée. Certains ouvriront en décalé, comme William Candelon, nouveau maître du “Puits Saint-Jacques” à Pujaudran, Gers, qui attendra le mercredi 12 juin, “pour avoir les directives de sécurité précises retrouver l’équipe et les fournisseurs”, indique-t-il, occupé à plancher sur des menus d’été, “et j’ai déjà beaucoup de commandes pour les repas à emporter de la fête des mères”.

On y pense dans certaines familles : dimanche prochain, le traditionnel repas de la fête des mères pourrait se faire à domicile, en commandant au restaurant les plats qu’elle aime.

Dès le début du confinement, des professionnels s’étaient tournés vers la vente à emporter pour conserver une activité et assurer un minimum de trésorerie, et ne pas perdre la main. Car la cuisine reste un métier de passionnés, pour un gars au chômage technique, regarder Top Chef, c’est cauchemar sur canapé !

Nombre d’entre eux vont continuer la vente à emporter pour rééquilibrer une recette plus qu’incertaine… “Car on ne sait pas où on va”, tempère Yannick Delpech, à Colomiers, dont les cuisines turbinent déjà. Franck Renimel, à Aureville, près de Toulouse, a même lancé un drive dans son Relais & Châteaux.

Etchebest milite pour un fonds de solidarité

“La réouverture n’est pas synonyme de fin de crise sanitaire, ni financière : “Il faut absolument que l’état nous aide, si rien ne bouge d’ici la fin de l’année, il y aura 40 % de fermetures de restaurants, alerte le chef bordelais Philippe Etchebest, qui réclame un fonds de solidarité pour la profession, alimenté par l’état, les assureurs et la profession elle-même.

La solidarité est parfois inattendue. Le propriétaire du restaurant d’Iwan lui a offert deux mois de loyer gratuit. “Là, il vient de m’écrire, je n’ose pas ouvrir l’enveloppe”, confie-t-il dans un sourire.


Source